Public et privé, une même exigence du soin
À l'heure où les techniques médicales ne cessent de progresser, la qualité des soins ne se mesure pas seulement aux équipements disponibles. Elle repose également sur l'expérience des praticiens et l'engagement des équipes. Rencontre avec le Pr Pietro di Summa.
Après dix-sept ans au CHUV, en franchissant rapidement les différentes étapes de carrière jusqu'à devenir médecin chef et notamment chef de service ad interim de chirurgie plastique et de la main, le Pr Pietro di Summa poursuit son activité en tant que chirurgien indépendant. Spécialiste en chirurgie plastique, reconstructive et esthétique, il exerce au sein du Plastic Surgery Center à Lausanne et intervient dans plusieurs établissements privés, notamment à la Clinique de La Source, où il bénéficie des moyens humains et techniques nécessaires pour poursuivre une chirurgie de haute technicité. Il revient sur son parcours et livre son regard sur l’évolution de sa spécialité.
Quelles étaient vos attentes en rejoignant le secteur privé ?
Je tenais à continuer les interventions complexes ou microchirurgicales que je réalisais à l’hôpital universitaire, avec lequel je conserve d’ailleurs des liens étroits. Pour poursuivre cette activité dans le privé, il était indispensable de disposer d’une équipe expérimentée et d’un matériel adapté. La Clinique de La Source s’est engagée dans cette voie et a investi dans des équipements spécifiques. Les équipes ont elles aussi développé leur expérience de ces opérations, désormais pratiquées régulièrement. C’est le résultat d’un travail collectif, car l’expérience du chirurgien, à elle seule, ne suffit pas.
Quel regard portez-vous sur la chirurgie esthétique ?
La chirurgie esthétique n’est pas plus simple. Et les contraintes sont différentes. La préparation exige autant de rigueur et planification. Les frontières ne sont d’ailleurs pas toujours nettes. Une abdominoplastie peut répondre à une demande esthétique tout en corrigeant certains troubles de la paroi abdominale. Des situations comparables, où les objectifs esthétiques et fonctionnels se rejoignent, se rencontrent également en chirurgie du visage, notamment dans la chirurgie du regard, ainsi qu’en chirurgie mammaire.
Comment votre double expertise se traduit-elle dans votre pratique ?
Le bagage en chirurgie reconstructive, qu’elle soit du visage, de la poitrine, ou même de la silhouette, est particulièrement utile dans les situations esthétiques complexes, surtout après d’autres chirurgies. Il permet une vision plus globale des structures à préserver ou à restaurer afin d’obtenir le meilleur résultat esthétique possible. À l’inverse, lorsque je prends en charge une reconstruction mammaire après un cancer, je ne dissocie jamais les dimensions reconstructive et l'équilibre esthétique: les compétences acquises dans l’une enrichissent toujours ma pratique de l’autre.
Fondée en 1891, la Clinique de La Source appartient à une fondation 100 % suisse, indépendante et à but non lucratif. Dans cet établissement privé pluridisciplinaire, médecins indépendants et équipes soignantes collaborent pour proposer des soins personnalisés aux patients. La formation du personnel et les équipements à la pointe de la technologie y occupent une place importante, sans éclipser la dimension humaine des soins. Une philosophie qui, plus de 130 ans après sa création, reste au cœur de l’identité de La Source.
Article Elle Suisse, édition 22 octobre 2026
Crédit photo: Anne-Laure Lechat